Vers Un Véritable Droit à l’Alimentation
On le sait, même s’il n’y a pas que les plus pauvres qui mangent “mal”, la situation socioéconomique d’une personne est un des facteurs importants dans son accès à une alimentation saine et durable. Le budget réservé à l’alimentation est souvent la variable d’ajustement d’une personne vivant une situation de précarité plus générale pour faire face à ses différents frais. Dans ce contexte, le recours à l’aide alimentaire est en hausse constante : il est même devenu structurel, sans satisfaire le droit à l’alimentation. Aussi, les actions de l’aide alimentaire ne remettent pas ou peu en question le système industriel qui crée la précarité (salaire bas, exploitation des migrants, des étudiants, pas de respect des normes…). Enfin, il ne faut pas oublier les “grands précaires” de ce système, les producteurs eux-mêmes aux conditions de travail et de vente de leurs produits désastreuses.
L’aide alimentaire, même si saturée et peu efficace, s’impose par conséquent comme LA solution “sparadrap”, non soutenue structurellement financièrement, au manque d’accès à l’alimentation. Or, rien n’est fait pour établir un véritable droit à l’alimentation. L’Etat n’agit pas et ne respecte pas ses obligations internationales et morales. La question de la précarité alimentaire doit devenir une préoccupation politique, que les produits de qualité soient plus accessibles que les produits néfastes pour la santé.
La Sécurité Sociale de l’Alimentation (SSA) : Chacun Contribue, Chacun Reçoit
En suivant le principe du « chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins », la SSA cherche à augmenter les revenus des ménages les plus faibles et à octroyer à chacun·e un budget réservé à l’alimentation. Pour qu’elle ait un véritable impact sur la réduction des inégalités, la SSA doit se réfléchir à partir de et avec les plus fragiles de notre société.
La question de la précarité alimentaire doit devenir une préoccupation politique, que les produits de qualité soient plus accessibles que les produits néfastes pour la santé.
Fracture numérique, accès géographique, financier, culturel à l’offre d’aliments de qualité, préférences alimentaires, équipements pour cuisiner : toutes ces variables doivent être prises en compte pour élaborer un système qui garantisse un véritable droit à l’alimentation pour chacun et chacune. Dans un tel système, l’aide alimentaire redevient un service résiduaire, un filet de sécurité permettant de garantir, de façon momentanée, l’accès à l’alimentation.
Démocratie Locale et Choix Responsable
Même si cela a déjà été dit, il est important d’être très vigilant et d’en aucun cas renforcer une quelconque inégalité. Les conditions pour un réel démocratique local doivent permettre un libre choix des produits avec une réflexion sur les normes (label bio, fairtrade etc) et les conséquences de la labellisation (prix, concurrence…). Cela demande du temps, de tester au niveau local et d’être précautionneux sur toutes les conséquences socio-économique au niveau systémique (cela ne doit être réduit d’aucun autre budget) et particulièrement pour les plus précarisés.
